5 nouveaux logements très sociaux en ossature bois dans l'Essonne.

Situés sur un ancien terrain de la SNCF, à Lardy, les logements ont été inaugurés fin septembre 2015.

01/12/2015

Ce projet a vu le jour en 2011, lorsque des habitants de Lardy et Janville-sur-Juine, commune voisine, ont décidé d'agir localement en faveur du logement des personnes en difficulté.

Avec l'accord de la Mairie, le terrain, appartenant à la SNCF, a été proposé à "Solidarités Nouvelles pour le Logement" (SNL) qui a entamé les démarches d'achat et élaboré un projet de création de 5 logements à loyers très modestes, avec les habitants.

Les travaux ont duré un an et aujourd'hui, la maisonnée est constituée de deux T1, un T2 et deux T3, en plein coeur de centre-bourg, à 20 mètres de la gare de Lardy. Chaque appartement bénéficie d'une entrée indépendante ; deux appartements duplex sont à l'étage et les 3 autres de plain pied. L'ensemble des appartements constituent des logements-passerelle : les locataires y sont logés pendant un an, le bail est renouvelable une fois. L'objectif de l'association SNL est de les aider pendant cette durée à accéder à un logement social dans le parc public local.

Les nouveaux locataires bénéficient pour la plupart des minima sociaux. Les premiers se sont installés début septembre ; parmi eux, un salarié au revenu très modeste, une personne au RSA, des mères célibataires avec enfants (ayant quitté un logement insalubre ou ayant été victime de violence conjugale).

 

Un toit, c'est le retour de l'espoir

"J'ai dû quitter le domicile conjugal en urgence. Je me suis retrouvée à la rue avec mes deux fils, âgés de 6 et 13 ans. Pendant 2 mois, j'ai fait le 115 et nous avons dormi à l'hôtel. Nous étions loin de l'école, heureusement que j'avais gardé ma voiture. Puis il y a eu les logements d'urgence vers lesquels des associations m'ont orientée. Enfin, j'ai eu connaissance de SNL. Sans eux, sans tous les bénévoles que j'ai rencontrés depuis que je galère, je ne sais pas où nous serions tous les 3 aujourd'hui. En plus, le logement a été en partie meublé, je n'avais rien quand je suis arrivée...

M'installer ici, dans ce F3 tout neuf, a été un vrai soulagement, le retour de l'espoir. J'arrive à joindre les deux bouts : mes allocations familiales, l'APL et l'Allocation Adulte Handicapée (AAH) que je touche me permettent de payer mon loyer, de nous habiller et de nous nourrir. Je me suis installée le 20 septembre dernier, je me pose enfin et je vais bientôt reprendre mes recherches pour travailler. Un CAP petite enfance ou une spécialisation dans le nettoyage, je ne sais pas encore. En tout cas, avec ce logement et le suivi professionnel que me propose l'association, je reprends vraiment confiance en moi."

 

Ce logement, c'est une force, une chance

"Je me sens privilégié. Je souhaite vraiment rester le moins longtemps possible ici, pour laisser la place à ceux ou celles qui sont à la rue. Quand je me suis retrouvé dehors avec mon fils de 17 ans, en mai dernier, j'étais totalement perdu. Appeler le 115 et aller à l'hôtel avec mon garçon, c'était impossible pour moi, c'était trop dur. Je ne voulais pas non plus m'éloigner trop du domicile de ma compagne pour rester en contact avec mes deux autres enfants, de 11 et 13 ans.

C'est la Mairie qui m'a orienté vers SNL. Ils ont vraiment été à l'écoute et j'ai eu un très bon contact. C'est important dans ces moments-là. On m'a proposé très vite cet appartement et c'est vrai que cela a été un très grand soulagement. Je vais pouvoir me poser, penser à l'avenir de manière positive et recevoir mes enfants dans de bonnes conditions. C'est énorme de poser ses valises et de se dire qu'on est chez soi, que personne ne pourra vous mettre à la porte. C'est ce que je souhaite à tous ceux qui sont dans le besoin.

Il faut que des logements comme ceux-ci existent, pour donner une chance à ceux qui galèrent. Il faut que ce système continue : moi, je sais que je suis ici pour un an renouvelable une fois, mais j'espère bien avoir trouvé un logement très social d'ici deux ans, pour laisser la place à des personnes qui vivent des situations pires que la mienne."

Les locataires ont à débourser un loyer de 5, 61 euros/m2. L'originalité de cette construction tient à son ossature bois et son bardage en fibre de bois haute densité. Toutes les normes d'isolation BBC sont respectées.

La Fondation Abbé Pierre, dans le cadre de son programme "Toits d'abord", a participé au financement de cette opération.

Autre spécificité de ce projet : la signature d'une convention entre la Fondation Abbé Pierre, SNL et la Fédération Française des Tuiles et des Briques (FFTB) pour la fourniture gratuite de toutes les tuiles de la résidence.

Ce partenariat entre la Fondation et la FFTB se décline sur deux autres projets : la construction d'une Pension de famille dans l'Hérault, à Lodève, qui sera prochainement inaugurée, ainsi que la réhabilitation d'un bâtiment à Auvers-Saint-Georges, dans l'Essonne, permettant la réalisation de 7 logements très sociaux en 2016.